Des biens publics aux biens communs, pratiques et usages

De Intercoop.

Sommaire

Des biens publics aux biens communs, pratiques et usages

Le projet d'étude

Les acteurs publics confrontés à l'ouverture des contenus et à la production collaborative. : enjeux, freins et facilitations.

Nous avons rédigé une première problématique de travail (document brouillon d'une demi douzaine de pages) que nous pouvons envoyer pour avis, remarques suggestions, compléments sur cette problématique auprès de personnes intéressées (me répondre directement).

Bien sur les textes, cartographies, des usages et cartographie, grilles d'enquêtes, méthodologies, analyses seront publiés et réutilisables à la manière de ce que l'on fait sur @-brest.net et M@arsouin.

Merci aussi de signaler si vous avez connaissance de travaux analogues ?

Michel.Briand at Enst-Bretagne.fr et Annabelle.Boutet at Enst-Bretagne.fr


Problématique de départ

Comment expliquer ce qui motive les professionnels d'une organisation publique ou contribuant au service public à mettre à la disposition du plus grand nombre des biens, de type informationnel, réservés auparavant à un public choisi et à s'impliquer dans des productions collaboratives ouvertes (grâce à l’utilisation d’outils de publication sur Internet) ?

Les champs d'étude

Pour comprendre cette dynamique nous proposons de nous intéresser à plusieurs types d'organisations publiques et de biens informationnels. Nous avons aujourd'hui identifié quatre champs d'étude, liés à quatre types spécifiques de biens publics informationnels.

  • La production de biens publics informationnels de types bibliographiques, biographiques ou culturels par les institutions publiques telles que les structures de lecture publique ou les musées.
  • La production de biens publics informationnels de type politique par les collectivités territoriales.
  • La production de données naturalistes ou environnementales notamment autour des problématiques de développement durable.
  • La production de biens publics informationnels liées à l'accès public à Internet.


Contexte

Les organisations publiques et les professionnels qui les composent ont pour habitude de traiter les biens publics informationnels qu'ils détiennent, produisent et gèrent comme des biens enclos, c'est-à-dire privatisés et mis à la disposition de groupes fermés d'usagers, excluant par là même les 'non-initiés'.

Or, depuis quelques années, on assiste à l'ouverture des fonds de biens publics informationnels grâce notamment à leur mise à disposition sur Internet. Cette ouverture ne se traduit pas uniquement par la mise en ligne des contenus mais par la possibilité qui est donnée aux 'publics' de participer, librement, à l'enrichissement et à la glose de ces biens.

Ce mouvement d'ouverture des biens publics informationnels au plus grand nombre pose la question générale de savoir comment les professionnels des organisations publiques abordent, dans leurs relations sociales et leurs pratiques professionnelles, les changements liés à l'introduction des outils et des méthodes qui sous-tendent la société de l'information.

Il suggère donc que les changements introduits dans les modalités d'exercice du service public concerné touchent à la fois la production de contenu (savoir), la production de méthodes (savoir-faire), la redéfinition des liens sociaux (savoir-être) entre tous les acteurs concernés (professionnels et public(s). Cette approche collaborative marque une transformation du rapport au public qui n'est plus seulement consommateur mais aussi contributeur, voire partenaire.

Ce mouvement d'ouverture co-existe avec aux extensions constantes apportées au droit de propriété sous la pression des éditeurs. En effet, à côté de l'émergence des contenus ouverts amplifiés par le web 2.0 (flick-R, daily motion, blogs, pair à pair) nous assistons à un vaste mouvement d'enclosure et de vente monopolistique. En France, ce double mouvement se retrouve également parmi les fournisseurs de biens informationnels qui relèvent du service public. D'un côté, des biens publics, comme les données cartographiques ou météorologiques, sont mises en accès fermé ; de l'autre des initiatives comme la mise en ligne d'émissions radiophoniques favorisent l'ouverture des accès voire de la production.

Cette évolution est à analyser dans le contexte global, économique et juridique, des nouvelles formes de productions de biens informationnels marchands : la production à coût marginal quasi nul, les rendements croissants et les situation monopolistiques arrachées par l'évolution du droit et des contrôles (prolongation des droits patrimoniaux, DADVSI, brevets sur le vivant les logiciels ..).

On est en droit de s'interroger sur l'efficience et l'efficacité de ces modes de production et d'appropriation des biens informationnels. En effet, il s'agit d'évaluer la qualité des résultats et des processus de la mise en production commune des biens informationnels publics, alors qu'ils sortent de l'institution pour être utilisés, exploités par des personnes dont les compétences ne sont pas le fruit de cette institution mais d'autres processus. Cela pose également la question de sa capacité produire de nouveaux biens et donc de nouvelles valeurs.

Une interpellation